Un bibliothécaire a lu pour vous : En attendant Bojangles

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 Titre : En Attendant Bojangles

Auteur : Olivier Bourdeaut

Maison d’édition : La Loupe

Année d’édition : 2016

Nombre de page : 255

Prix : 20,6€

DISPONIBLE À LA BIBLIOTHÈQUE EN SECTION ADULTE/GRANDS CARACTÈRES 

RÉSUMÉ :Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis. Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères. Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.
L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom.

AVIS : 

Aujourd’hui, je viens vous parler d’un coup de cœur, d’une folie douce qui m’a enveloppée et m’a fait danser en rythme avec nos protagonistes. Le genre de roman qu’on lit d’une traite et qu’on ne veut absolument pas lâcher.

Ce qui m’a séduit en premier sur ce livre, c’est sa couverture qui est tellement poétique et en adéquation totale avec le bouquin… et Nina Simone. S’inspirer d’une chanson tellement forte ainsi que d’une grande voix ne pouvait donner qu’une magnifique histoire et ce fut le cas !

L’écriture n’est pas si simple, mais elle est très belle, tout en douceur. Le livre se lit très rapidement, bien qu’au début, je me suis un peu demandé où l’auteur m’emmenait. Il m’a fallu un chapitre pour être conquise, happée et tourner les pages avec frénésie. On vit le roman.

Il nous plonge dans un tourbillon de fête, d’innocence, de jazz, de bizarreries, avec des personnages attachants et des thèmes forts (que je vais taire afin de vous laisser l’effet de surprise). Le tout fait avec de la légèreté.

Tous les personnages sont formidables ; le père si délicat qui n’est qu’amour, l’ami fidèle, le fils dévoué qui ne connait rien de la vie en société avec les gens de son âge, lui tout ce qu’il veut c’est d’être avec ses parents et devenir comme eux, des gens libres et pour finir la mère…

La mère est incontestablement mon personnage préféré ! Elle et sa folie douce, sa joie de vivre ainsi que son amour fougueux. Tout est a aimer chez cette femme. J’ai senti la chaleur de ses sourires, son amour se déverser sur mon cœur, j’ai vécu et sombré avec elle et pour finir, j’ai gagné le plus grand combat de ma vie à ses côtés.

Pour conclure, je peux vous dire que le bonheur peut tenir dans 255 pages. Ce livre est tout simplement un enchantement et une merveille à mettre entre toutes les mains. 

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Un bibliothécaire a lu pour vous : La servante écarlate

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Titre: La servante écarlate

Auteur: Margaret Atwood

Maison d’édition: Robert Laffont

Année d’édition: 2015

Nombre de pages: 521 pages

Prix: 13,3€

DISPONIBLE À LA BIBLIOTHÈQUE EN SECTION ADULTE

RÉSUMÉ : Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

AVIS :
Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.

Beaucoup de choses me viennent à l’esprit, à l’issue de la lecture. Des éléments du livre font penser aux communautés hollandaises luthériennes du XVIIe siècle par l’aspect austère des robes et par la surveillance des femmes, et bien sûr 1984 de George Orwell, par l’appendice à la toute fin du récit, où l’on trouve des informations complémentaires sur Gilead.

Le personnage principal, Defred – Offerd en anglais, nous parle d’un temps révolu où les femmes pouvaient marcher seules en rue, travailler, avoir des amants ou non, être mariées ou non et nous explique comment le système répressif s’est mis en place (coup d’Etat avec l’assassinat du président, interdiction aux femmes de travailler, d’avoir un compte en banque, puis les femmes célibataires pourchassées, et ainsi de suite).

L’évocation de son passé est mise en parallèle avec son quotidien. Le sentiment d’étrangeté, voire de malaise, provient que tout se passe dans un décor familier : petites villes nord-américaines aux jardins bien entretenus, maisons communes pour les activités locales, terrain de football, universités, etc. Tout a été détourné de sa fonction d’origine. Ainsi l’université, où elle avait suivi ses études de lettres, est devenue le lieu d’éducation des futures Servantes, choisies parmi les femmes jeunes et fécondes de la société. La fonction reproductrice est l’enjeu du récit. Gilead doit faire face à un gros problème de stérilité. Il faut donner un enfant à chaque famille officielle. Pour ce faire, les Servantes sont attachées à une famille. Quand elles ont mis au monde un enfant viable (ce qui devient rare), elles vont dans une autre maison et ainsi de suite. Jusqu’à quand sont-elles assignées à cette tâche ? Que deviennent-elles ensuite ? Nous ne le saurons pas, la communauté de Gilead a été installée depuis peu quand Defred commence à nous parler, peut-être depuis dix ans.

Comment ne pas être sensible à ce récit et à cette phrase : « Nous n’avons rien vu venir », phrase qu’elle prononcera souvent. La conception de cette société liberticide est déjà bien construite quand le coup d’Etat a lieu. Il n’y a plus qu’à…

Dans ce monde de peu, Defred s’intéresse à des objets de l’époque d’antan, comme les revues féminines qu’elle méprisait alors. Mais quelle est l’opinion de l’auteur ? Doit-on être heureux de notre monde, ne plus émettre de critique et jouir sans entrave ? Je ne suis pas sûr, peut-être que sa réflexion porte sur la limite à la critique sociale qui peut basculer très clairement dans l’extrémisme. Le Bien pour tous : comment faire pour que cela ne tourne pas en malheur de chacun ?

L’aspect le plus pertinent du récit est de ne pas en faire un récit « pro-femme ». Trop souvent, nous lisons (ou regardons) des histoires dites féministes, où l’on voit les femmes victimes, mais héroïnes, et les hommes, bien sûr tous des salauds, sauf le compagnon de l’héroïne, compagnon qui sauve notre héroïne grâce à sa force de mâle (car bien sûr les femmes sont faibles). Point de cela ici.

La société est bel et bien sexiste : les hommes d’un côté à qui revient le pouvoir, les femmes de l’autres, et qu’elles se taisent. Mais pour que ce système social fonctionne, les idéologues ont laissé des soupapes de sécurité. Ainsi pour que la répression puisse bien s’ancrer, il faut instaurer des centres de libertés (les bordels privés pour les Commandants), le marché noir (je te tiens tu me tiens par la barbichette), et surtout l’instruction des Servantes par une caste de femmes au pouvoir absolu, les Tantes, sans parler des jours de rédemption où les Servantes sont amenées à tirer sur la corde pour punir celles accusées d’avoir fauté (autrement dit, elles participent à leur pendaison), ou le lynchage d’un homme accusé de viol. Tout le monde contribue à la bonne mise en place de la politique de Gilead, tous ont quelque chose à cacher, connaissent le secret de l’un ou gagnent en pouvoir.

Autre aspect perturbant est la date de la première publication, 1987. Nous étions bien loin de penser aux Twin Towers et aux attaques de Charlie. Et pourtant dans le roman, une des nombreuses raisons qui ont amené à la société liberticide sont les attaques islamistes. Je ne suis pas étonné de voir que depuis sa sortie, il y ait un regain d’intérêt pour ce roman.

Vous avez compris ! C’est un excellent roman, qui a marqué son époque à sa sortie et qui marque toujours autant les esprits. Je ne pense pas voir la série, ça me fout la frousse de revivre ça, mais je resterai éternellement aux côté de Defred et espère que là où elle est, elle peut choisir.

 

Un bibliothécaire a lu pour vous : Songe à la douceur

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Titre : Songe à la douceur

Auteur : Clémentine Beauvais

Maison d’édition : Sarbacanne

Année d’édition : 2016

Nombre de page : 240 pages

Prix : 15,50€

DISPONIBLE À LA BIBLIOTHÈQUE EN SECTION ADOLESCENTS

RÉSUMÉ : Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

AVIS :

Vous ne savez pas quoi lire et vous voulez quelque chose de léger et de fort à la fois ? Vous recherchez des vies abîmées et de la douceur ? Vous voulez du romantisme sans le côté gnangnan ? Vous voulez rêver et espérer ? Alors ce livre est fait pour vous.


Il s’agit d’une ode à l’amour, à l’espérance. Le tourbillon des émotions revient nous titiller le cœur, et ça nous fait du bien parce qu’elles sont sincères et réelles. C’est une histoire qui pourrait très bien nous arriver, c’est crédible à du 1000 %.

La construction du roman peut déstabiliser au début, les phrases sont délicates, le sens apporté aux mots est essentiel, je pense être d’ailleurs passée au dessus durant 10 pages, le temps que mon cerveau déjà chamboulé, capte la chose. Les mots en sont plus forts, plus vrais. 

C’est une histoire simple, sans fioriture, sans marshmallow fondu qui dégouline de partout, qui colle et qui me rend malade comme un chien ! C’est tout simplement beau. 

Songe à la douceur, c’est l’histoire de deux adolescents qui le temps d’un été se rapprochent pour mieux se déchirer. C’est l’histoire de ces mêmes gamins qui se retrouvent dix ans plus tard. C’est l’histoire d’un amour non abouti qui attend d’être de nouveau secoué. C’est l’histoire de tous les possibles. 

Je ne sais pas dire auxquels des deux personnages je me suis le plus attachée… J’ai lu un peu partout qu’Eugène n’avait pas forcément plu, sans doute en raison de son caractère assez pessimiste voire dépressif durant son adolescence. Pourtant, il m’a plu, je l’ai trouvé bien travaillé et différent des autres personnages de roman, il ne cherchait pas à être sauvé, ni à changer, ni à vivre particulièrement. Tatiana, quant à elle, m’a fait pensé à une adolescente, naïve et rêveuse, quand ses pensées sont tournées vers un garçon qui lui a également brisé le cœur. Le fait qu’elle mène la barque 10 ans après était un coup de maître, elle lui prouve qu’elle est devenue quelqu’un de fort, malgré la tragédie, malgré le manque de lui. 

Pour conclure, je vous dirai simplement que c’est une petite pépite à mettre entre toutes les mains !

Madison